{"id":52729,"date":"2019-10-12T10:40:20","date_gmt":"2019-10-12T14:40:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=52729"},"modified":"2022-07-20T14:21:15","modified_gmt":"2022-07-20T18:21:15","slug":"liszt-dix-tableaux-celebres-relies-a-la-musique-classique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2019\/10\/12\/liszt-dix-tableaux-celebres-relies-a-la-musique-classique\/","title":{"rendered":"DOSSIER\u00a0| 10 tableaux c\u00e9l\u00e8bres reli\u00e9s \u00e0 la musique classique que vous devriez conna\u00eetre"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_62145\" aria-describedby=\"caption-attachment-62145\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-62145\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/10\/redim_Le-violoniste-vert.jpg\" alt=\"\" width=\"1200\" height=\"979\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/10\/redim_Le-violoniste-vert.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/10\/redim_Le-violoniste-vert-300x245.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/10\/redim_Le-violoniste-vert-768x627.jpg 768w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/10\/redim_Le-violoniste-vert-1024x835.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-62145\" class=\"wp-caption-text\">Le violoniste vert de Chagall, parmi notre liste de tableaux c\u00e9l\u00e8bres reli\u00e9s \u00e0 la musique classique<\/figcaption><\/figure>\n<h3>La musique et les arts visuels sont intimement li\u00e9s, car tous deux expriment des id\u00e9es et des concepts sans d\u00e9pendre des mots. D\u00e9couvrez <strong>dix peintures c\u00e9l\u00e8bres et leur connotation musicale.<\/strong><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><strong>1. Fernand Khnopff : <em>En \u00e9coutant Schumann<\/em> (1883)<\/strong><\/h2>\n<figure id=\"attachment_49969\" aria-describedby=\"caption-attachment-49969\" style=\"width: 1024px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-49969 size-full\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/1-listening-to-schumann_1883.jpg\" alt=\"En \u00e9coutant Schumann de Fernand Khnopff (1883)\" width=\"1024\" height=\"892\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/1-listening-to-schumann_1883.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/1-listening-to-schumann_1883-300x261.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/1-listening-to-schumann_1883-768x669.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-49969\" class=\"wp-caption-text\"><em>En \u00e9coutant Schumann<\/em> de Fernand Khnopff (1883), l&rsquo;un des\u00a0tableaux c\u00e9l\u00e8bres reli\u00e9s \u00e0 la musique classique<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Fernand Edmond Jean Marie Khnopff<\/strong> (1858-1921) fut l&rsquo;un des plus importants chefs de file du mouvement symboliste. Dans le manifeste<em>\u00a0Le symbolisme<\/em> publi\u00e9 dans Le Figaro en 1886,\u00a0Jean Mor\u00e9as affirme\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00a0\u00bb Dans cet art, les tableaux de la nature, les actions des humains, tous les ph\u00e9nom\u00e8nes concrets ne sauraient se manifester eux-m\u00eames ; ce sont l\u00e0 des apparences sensibles destin\u00e9es \u00e0 repr\u00e9senter leurs affinit\u00e9s \u00e9sot\u00e9riques avec des Id\u00e9es primordiales.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><strong>Khnopff,<\/strong> qui a d&rsquo;abord appartenu \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole naturaliste, \u00e9tablit ici une sc\u00e8ne en apparence r\u00e9aliste, mais y ins\u00e8re des motifs et id\u00e9es emprunt\u00e9s \u00e0 toute l&rsquo;histoire. M\u00eame dans ses s\u00e9ries de portraits, Khnopff ne se contente pas de la simple description picturale d&rsquo;une sc\u00e8ne \u2013 il se livre \u00e0 des \u00e9vocations et non \u00e0 des observations.<\/p>\n<p><strong><em>En \u00e9coutant Schumann<\/em>\u00a0<\/strong>en est un tr\u00e8s bon exemple\u00a0: on voit en arri\u00e8re-plan un personnage qui joue du piano. La main droite \u00e9tendue sugg\u00e8re qu&rsquo;il y a du son, mais nous ne savons pas si c&rsquo;est le d\u00e9but, le milieu ou la fin de la pi\u00e8ce. Le pianiste, en fait, n&rsquo;est m\u00eame pas dans l&rsquo;image, et nous ne pouvons que supposer qu&rsquo;il y a quelqu&rsquo;un, mais cette personne est repr\u00e9sent\u00e9e comme une abstraction.<\/p>\n<p>Le visage de la femme assise dans le fauteuil nous reste aussi cach\u00e9. Nous ne pouvons dire si la musique jou\u00e9e est joyeuse ou triste, ni m\u00eame si la femme \u00e9coute. La seule chose qui soit clairement repr\u00e9sent\u00e9e par le peintre est l&rsquo;\u00e9motion \u00e0 fleur de peau. Tout le reste est laiss\u00e9 \u00e0 l&rsquo;imagination de l&rsquo;observateur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><strong>2. Matthias Gr\u00fcnewald : R\u00e9table d&rsquo;Isenheim, (vers 1512-16) et Paul Hindemith : <em>Mathis der Maler<\/em> (1934)<\/strong><\/h2>\n<figure id=\"attachment_49967\" aria-describedby=\"caption-attachment-49967\" style=\"width: 1024px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-49967 size-full\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/3-Isenheim-Altarpiece.jpg\" alt=\"Retable d'Isenheim\" width=\"1024\" height=\"647\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/3-Isenheim-Altarpiece.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/3-Isenheim-Altarpiece-300x190.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/3-Isenheim-Altarpiece-768x485.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-49967\" class=\"wp-caption-text\">Retable d&rsquo;Isenheim<\/figcaption><\/figure>\n<p>Quatre si\u00e8cles s\u00e9parent ces deux \u0153uvres, pourtant elles sont \u00e9troitement li\u00e9es.\u00a0\u00a0<strong>Gr\u00fcnewald<\/strong> (1475-1528),\u00a0un homme m\u00e9lancolique, v\u00e9cut dans l&rsquo;ouest de l&rsquo;Allemagne \u00e0 une \u00e9poque brutale. Il dut \u00eatre institutionnalis\u00e9 pour maladie mentale et possession d\u00e9moniaque et la majorit\u00e9 de ses \u0153uvres ont \u00e9t\u00e9 perdues. Ses rares \u0153uvres subsistantes, remarqu\u00e9es pour leur description graphique de la souffrance humaine, connurent un regain de popularit\u00e9 au 19e si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Le plus imposant de ses ouvrages, le <strong>Retable d&rsquo;Isenheim<\/strong>, est compos\u00e9 de neuf sc\u00e8nes r\u00e9parties en douze panneaux et remplies de col\u00e8re et de pathos. D&rsquo;autres ma\u00eetres, tels Max Ernst et Picasso, se sont inspir\u00e9s de Gr\u00fcnewald dans leurs propres peintures. L&rsquo;op\u00e9ra de Hindemith (et sa symphonie) \u00ab Mathis der Maler \u00bb (\u00ab Matthias le Peintre \u00bb) a pour sujet Gr\u00fcnewald lui-m\u00eame, et fut inspir\u00e9 par le Retable d&rsquo;Isenheim.<\/p>\n<p>La sc\u00e8ne la plus frappante, la Crucifixion, peut \u00eatre observ\u00e9e lorsque les ailes ext\u00e9rieures du retable sont ferm\u00e9es (ce qui \u00e9tait traditionnellement le cas lors des jours ordinaires).\u00a0 Le Christ est tordu de douleur, la position de ses mains et de ses pieds d\u00e9notent la lutte et une douleur extr\u00eame.<\/p>\n<p>Dans ce retable, Hindemith lisait une repr\u00e9sentation de la mont\u00e9e des Nazis. Il se voyait lui-m\u00eame abandonner ses amis Juifs. Il se voyait environn\u00e9 de dangers \u00e0 l&rsquo;approche de la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale. Et comme Gr\u00fcnewald (dans l&rsquo;op\u00e9ra), il se r\u00e9solut \u00e0 fuir le confort, et \u00e0 exprimer la noirceur de son \u00e9poque en continuant par sa musique \u00e0 formuler une critique du r\u00e9gime nazi.<\/p>\n<p>La symphonie fut achev\u00e9e avant l&rsquo;op\u00e9ra, et chacun de ses mouvements s&rsquo;inspire de sc\u00e8nes du retable d&rsquo;Isenheim. Le premier mouvement, <em>Engelkonzert\u00a0<\/em>(Concert des anges), est fond\u00e9 sur la sc\u00e8ne de la Vierge et de l&rsquo;Enfant, visible seulement quand les ailes sont ouvertes.<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me mouvement, <em>Grablegung\u00a0<\/em>(La mise au tombeau), provient de la sc\u00e8ne du panneau inf\u00e9rieur du retable. Et le Triomphe du dernier mouvement vient de Saint Antoine, saint patron de l&rsquo;ergotisme, qui confronte ses d\u00e9mons et entrevoit l&rsquo;avenir gr\u00e2ce aux conseils de Saint Paul sur la troisi\u00e8me vue.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! La musique classique et l&rsquo;op\u00e9ra en 5 minutes, chaque jour<\/em> \u00a0<span style=\"color: #ff0000;\"><a style=\"color: #ff0000;\" href=\"https:\/\/ludwig-van.us9.list-manage.com\/subscribe?u=4f785cb3f9058f2393ccad035&amp;id=b9b160c032\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">ICI\u00a0<\/a><\/span><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-49966\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/3-Grunewald_Isenheim3.jpg\" alt=\"Grunewald Isenheim\" width=\"1024\" height=\"626\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/3-Grunewald_Isenheim3.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/3-Grunewald_Isenheim3-300x183.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/3-Grunewald_Isenheim3-768x470.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><strong>3.\u00a0<\/strong><strong>Katsushika Hokusai :\u00a0<\/strong><strong><em>La Grande Vague de Kanagawa<\/em>\u00a0et Claude Debussy :\u00a0<\/strong><strong><em>La Mer<\/em><\/strong><\/h2>\n<figure id=\"attachment_49964\" aria-describedby=\"caption-attachment-49964\" style=\"width: 1024px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-49964\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/5-The-Great-Wave.jpg\" alt=\"The Great Wave off Kanagawa, Katsushika Hokusai\" width=\"1024\" height=\"688\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/5-The-Great-Wave.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/5-The-Great-Wave-300x202.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/5-The-Great-Wave-768x516.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-49964\" class=\"wp-caption-text\">La Grande Vague devant Kanagawa de Katsushika Hokusai, reconnu comme l&rsquo;un des\u00a0tableaux c\u00e9l\u00e8bres reli\u00e9s \u00e0 la musique classique, en particulier associ\u00e9 \u00e0 Debussy.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le Japon n&rsquo;a ouvert ses portes \u00e0 l&rsquo;Occident qu&rsquo;en 1854, mais d\u00e9j\u00e0 avant au cours de l&rsquo;\u00e8re Edo (d&rsquo;environ 1600 \u00e0 1868), les biens et l&rsquo;art japonais arrivaient r\u00e9guli\u00e8rement en Europe, gr\u00e2ce \u00e0 la\u00a0 Compagnie n\u00e9erlandaise des Indes orientales (fond\u00e9e en 1602).<\/p>\n<p>Le Ukiyo-e est un imprim\u00e9 plat sur bois, traitant de sujets allant de paysages et de personnages jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9rotisme, et l&rsquo;Occident en fut fascin\u00e9 (encore de nos jours\u00a0: l&rsquo;exposition Hosukai au British Museum a affich\u00e9 complet pour toute sa dur\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2017).<\/p>\n<p>\u00c0 partir du 19e si\u00e8cle, les imprim\u00e9s ukiyo-e firent l&rsquo;objet d&rsquo;un commerce intense en Occident. \u00c0 l&rsquo;Exposition internationale de Paris en 1867, ils connurent un regain de popularit\u00e9, et les Japonaiseries devinrent une tendance tr\u00e8s courue en Europe\u00a0: m\u00eame Vincent Van Gogh commen\u00e7a une collection de ukiyo-e, et l&rsquo;op\u00e9ra <em>Madama Butterfly<\/em> fut cr\u00e9\u00e9 en 1904 \u00e0 La Scala.<\/p>\n<p>Debussy \u00e9tait lui-m\u00eame f\u00e9ru d&rsquo;\u00e9l\u00e9gance et la richesse visuelle offerte par La Belle \u00c9poque l&rsquo;influen\u00e7a consid\u00e9rablement \u2013 il fit m\u00eame un dessin pour la couverture de la premi\u00e8re \u00e9dition de son <em>Children&rsquo;s Corner<\/em> pour piano.<\/p>\n<p>Il admirait <strong>J.M.W. Turner<\/strong>, et les tableaux impressionnistes lui inspir\u00e8rent des morceaux o\u00f9 les \u00e9motions sont \u00e9voqu\u00e9es sans \u00eatre impos\u00e9es (m\u00eame s&rsquo;il d\u00e9testait se faire qualifier d&rsquo;impressionniste). Pourtant, et paradoxalement, Debussy appr\u00e9ciait la simplicit\u00e9 \u00e9vidente des imprim\u00e9s japonais.<\/p>\n<p>Pendant des ann\u00e9es, il accrocha au mur de son studio une copie encadr\u00e9e de <strong><em>La Grande Vague<\/em><\/strong> <em><strong>de Kanagawa<\/strong><\/em> (peint vers 1830-33). <em><strong>La Mer<\/strong><\/em> (1903-05) a beaucoup de points communs avec <em><strong>La Grande Vague<\/strong><\/em>\u00a0: accent sur la stylisation (plut\u00f4t que le r\u00e9alisme descriptif) et dynamisme dans l&rsquo;utilisation de la couleur.<\/p>\n<p>L&rsquo;utilisation du d\u00e9veloppement de motifs et l&rsquo;absence de structure formelle, souvent constat\u00e9e dans les imprim\u00e9s Edo, sont aussi des caract\u00e9ristiques de <em><strong>La Mer<\/strong> <\/em>\u2013 que Debussy sous-titra \u00ab <em>Trois esquisses symphoniques<\/em> \u00bb pour \u00e9viter de l&rsquo;appeler \u00ab symphonie \u00bb, ce qui aurait pu cr\u00e9er des attentes formelles exag\u00e9r\u00e9es. <em><strong>La Grande Vague<\/strong><\/em> servit m\u00eame d&rsquo;illustration pour la couverture de la premi\u00e8re \u00e9dition orchestrale de l&rsquo;\u0153uvre (1905).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>4. Rapha\u00ebl : Retable de Sainte C\u00e9cile, ou\u00a0<em>L&rsquo;extase de Sainte C\u00e9cile<\/em>\u00a0(vers 1516-1517)<\/h2>\n<figure id=\"attachment_49962\" aria-describedby=\"caption-attachment-49962\" style=\"width: 1024px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-49962\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/7-Cecilia_Raphael.jpg\" alt=\"Cecilia Raphael Altarpiece, Raphael c. 1516-17\" width=\"1024\" height=\"1668\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/7-Cecilia_Raphael.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/7-Cecilia_Raphael-184x300.jpg 184w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/7-Cecilia_Raphael-768x1251.jpg 768w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/7-Cecilia_Raphael-629x1024.jpg 629w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-49962\" class=\"wp-caption-text\">Retable de Sainte-C\u00e9cile, Raphael, vers 1516-17.<\/figcaption><\/figure>\n<p>La f\u00eate de Sainte C\u00e9cile est c\u00e9l\u00e9br\u00e9e le 22 novembre. La mani\u00e8re dont cette femme est devenue la sainte patronne de la musique et des musiciens a de quoi \u00e9tonner. Selon la l\u00e9gende, C\u00e9cile \u00e9tait n\u00e9e dans une riche famille romaine du 3e si\u00e8cle, et, en d\u00e9pit de son v\u0153u de virginit\u00e9 au Christ, ses parents d\u00e9cid\u00e8rent de la marier.<\/p>\n<p>Ayant r\u00e9ussi \u00e0 convertir son \u00e9poux pa\u00efen, elle put conserver sa virginit\u00e9. Emprisonn\u00e9e par les Romains, elle surv\u00e9cut \u00e0 une premi\u00e8re tentative de l&rsquo;\u00e9touffer, et trois tentatives de d\u00e9capitation ne la tu\u00e8rent pas davantage. On la laissa alors se vider de son sang et elle mourut apr\u00e8s trois jours, non sans avoir continu\u00e9 de pr\u00eacher jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_49961\" aria-describedby=\"caption-attachment-49961\" style=\"width: 1024px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-49961\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/7-CeciliaMaderno.jpg\" alt=\"Cecilia Maderno, Raphael\" width=\"1024\" height=\"489\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/7-CeciliaMaderno.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/7-CeciliaMaderno-300x143.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/7-CeciliaMaderno-768x367.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-49961\" class=\"wp-caption-text\">Cecilia Maderno, Raphael<\/figcaption><\/figure>\n<p>Quel est le rapport avec la musique?<\/p>\n<p>Selon la l\u00e9gende, durant la musique pa\u00efenne qui \u00e9tait jou\u00e9e \u00e0 son mariage (notamment de la musique d&rsquo;orgue, instrument qu&rsquo;elle tient \u00e0 l&rsquo;envers dans le retable), C\u00e9cile chantait dans sa t\u00eate un hymne \u00e0 J\u00e9sus, une pieuse romance d&rsquo;amour.<\/p>\n<p>Cette romance lui valut de devenir la sainte patronne de la musique. Un des premiers t\u00e9moignages de ce patronage r\u00e9side dans la d\u00e9dicace par le pape Sixte V \u00e0 la fondation de l&rsquo;Acad\u00e9mie Sainte-C\u00e9cile de Rome en 1585.<\/p>\n<p>Le tableau de Rapha\u00ebl fut commandit\u00e9 par le cardinal Lorenzo Pucci en 1517. C&rsquo;est la premi\u00e8re fois qu&rsquo;on la repr\u00e9sente avec des instruments de musique. Ces tableaux religieux \u00e9taient tr\u00e8s importants au 16e si\u00e8cle, alors que moins d&rsquo;un cinqui\u00e8me de la population savait lire.<\/p>\n<p>La tradition orale, les r\u00e9cits folkloriques et les repr\u00e9sentations visuelles occasionnelles servaient de courroie de transmission pour les gouvernements et les \u00e9glises. Rapha\u00ebl fut, avec Michel-Ange, un des premiers artisans de la repr\u00e9sentation des l\u00e9gendes et des croyances catholiques.<strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Le retable de Rapha\u00ebl consolida la position de Sainte C\u00e9cile comme sainte patronne de la musique. Percy Shelley propose une description admirable du tableau dans ses <em>Lettres d&rsquo;Italie<\/em> (1899)\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Le personnage central de Sainte-C\u00e9cile semble envo\u00fbt\u00e9 dans l&rsquo;esprit du peintre; son regard profond, sombre et \u00e9loquent regarde vers le haut; sa chevelure ch\u00e2taine est ramen\u00e9e en arri\u00e8re; elle tient un orgue \u2013 son attitude sereine dans sa passion et son envo\u00fbtement est impr\u00e9gn\u00e9e de la chaleur et de la lumi\u00e8re rayonnante de la vie. Elle entend la musique c\u00e9leste, et je m&rsquo;imagine qu&rsquo;elle vient tout juste d&rsquo;arr\u00eater de chanter, car les quatre personnages qui l&rsquo;entourent portent leur attention sur elle; particuli\u00e8rement Saint Jean qui, dans un geste de tendresse passionn\u00e9e, se penche vers elle avec la langueur de l&rsquo;\u00e9motion. \u00c0 ses pieds gisent plusieurs instruments de musique, bris\u00e9s et d\u00e9saccord\u00e9s.<\/p><\/blockquote>\n<h2><\/h2>\n<h2><\/h2>\n<h2><strong>5.\u00a0<\/strong><strong>William Hogarth :\u00a0<\/strong><strong><em>A Rake\u2019s Progress <\/em>(1732-1735)<em>\u00a0<\/em>et\u00a0<\/strong><strong>Igor Stravinsky :\u00a0<\/strong><strong><em>The Rake\u2019s Progress\u00a0<\/em>(1951)<\/strong><\/h2>\n<figure id=\"attachment_49959\" aria-describedby=\"caption-attachment-49959\" style=\"width: 1024px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-49959\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/9-William_Hogarth_-_A_Rakes_Progress_-_Plate_8_-_In_The_Madhouse.jpg\" alt=\"William Hogarth, A Rakes Progress, Plate 8, In The Madhouse\" width=\"1024\" height=\"908\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/9-William_Hogarth_-_A_Rakes_Progress_-_Plate_8_-_In_The_Madhouse.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/9-William_Hogarth_-_A_Rakes_Progress_-_Plate_8_-_In_The_Madhouse-300x266.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/9-William_Hogarth_-_A_Rakes_Progress_-_Plate_8_-_In_The_Madhouse-768x681.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-49959\" class=\"wp-caption-text\">William Hogarth, <em>A Rakes Progress<\/em>, huiti\u00e8me tableau : <em>La maison des fous<\/em>.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Chaque \u00e9poque a ses\u00a0 bouffons \u2013 de jeunes personnages masculins tonitruants, s\u00e9ducteurs et buveurs. Encore aujourd&rsquo;hui, le mot anglais <em>rake<\/em> est appliqu\u00e9 \u00e0 ce genre de personnage (vous n&rsquo;avez qu&rsquo;\u00e0 fouiller sur Netflix pour le constater : une \u00e9mission au sujet d&rsquo;un avocat sans scrupules est intitul\u00e9e ainsi.)<\/p>\n<p><strong>Stravinsky<\/strong> a voulu lui aussi tenter sa main \u00e0 l&rsquo;intrigue du libertin, ce qui donna\u00a0<strong><em>The Rake&rsquo;s Progress<\/em><\/strong> (<em>Le Parcours du libertin<\/em>), op\u00e9ra en trois actes et un \u00e9pilogue (1951). Apr\u00e8s avoir visit\u00e9 une exposition consacr\u00e9e au peintre Hogarth \u00e0 Chicago en 1947, Stravinsky entrepris la composition d&rsquo;un op\u00e9ra bas\u00e9 sur une s\u00e9rie de huit tableaux de celui-ci, avec la collaboration de W.H. Auden et de son amant, Chester Kallman.<\/p>\n<p>Par une pure co\u00efncidence, la relation de Auden et de Kallman s&rsquo;est av\u00e9r\u00e9e \u00eatre elle-m\u00eame une intrigue de libertinage \u2013 ils se rencontr\u00e8rent lors d&rsquo;un s\u00e9jour new-yorkais de Auden en 1939, et ils d\u00e9velopp\u00e8rent une relation que Auden consid\u00e9rait comme un mariage. Mais Kallman mit fin \u00e0 leur relation sexuelle parce qu&rsquo;il ne voulait pas s&rsquo;engager dans une relation monogame avec Auden; il demeura toutefois un ami proche jusqu&rsquo;\u00e0 la mort de Auden.<\/p>\n<p><strong><em>A Rake\u2019s Progress<\/em><\/strong> de Hogarth comporte huit tableaux : L&rsquo;H\u00e9ritier, La Digue, L&rsquo;Orgie, L&rsquo;Arrestation, Le Mariage, La Maison de Jeu, La Prison et le tableau final, La Maison des fous. Le penchant de Stravinsky pour les \u0153uvres du pass\u00e9 (notamment l&rsquo;<em>Orfeo<\/em> de Monteverdi et <em>La Traviata<\/em> de Verdi), additionn\u00e9 \u00e0 une bonne dose de Mozart, produisent un r\u00e9sultat qui s&rsquo;accorde superbement au style ancien des tableaux du 18e si\u00e8cle de Hogarth, tout comme le livret plut\u00f4t moderniste de Auden et Kallman.<\/p>\n<p>Avec cet op\u00e9ra, Stravinsky a produit un chef-d\u2019\u0153uvre de pastiche de musique ancienne, tout en r\u00e9ussissant \u00e0 s&rsquo;exprimer d&rsquo;une voix unique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><strong>6. Marc Chagall : <em>Le Violoniste vert<\/em> (1912-1919)<\/strong><\/h2>\n<figure id=\"attachment_49958\" aria-describedby=\"caption-attachment-49958\" style=\"width: 1024px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-49958\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/10-the-fiddler-1913.jpg\" alt=\"The Fiddler, Chagall 1913\" width=\"1024\" height=\"1255\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/10-the-fiddler-1913.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/10-the-fiddler-1913-245x300.jpg 245w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/10-the-fiddler-1913-768x941.jpg 768w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/10-the-fiddler-1913-836x1024.jpg 836w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-49958\" class=\"wp-caption-text\">Le Violoniste vert, Chagall, 1913, parmi les plus connus des\u00a0tableaux c\u00e9l\u00e8bres reli\u00e9s \u00e0 la musique classique<\/figcaption><\/figure>\n<p>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat de Chagall pour Bach et Mozart est bien connu, et ses collaborations en musique classique sont l\u00e9gendaires\u00a0: il cr\u00e9a les d\u00e9cors et les costumes de <strong><em>L&rsquo;Oiseau de Feu<\/em> <\/strong>(Stravinsky) pour le New York City Ballet (les costumes sont encore utilis\u00e9s, 68 ans plus tard), les costumes du ballet <strong><em>Daphnis et Chlo\u00e9<\/em><\/strong> de Ravel pour l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris en 1959,\u00a0 le tableau du plafond de l&rsquo;Op\u00e9ra Garnier \u00e0 Paris et les fameux panneaux du Metropolitan Opera au Lincoln Center\u00a0: la liste est infinie.<\/p>\n<p>L&rsquo;un des motifs d&rsquo;inspiration musicale pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s de Chagall est celui du violoneux errant. Chagall provenait d&rsquo;une petite communaut\u00e9 juive hassidique pr\u00e8s de Vitebsk (Belarus) et le violon, si important en musique klezmer, l&rsquo;int\u00e9ressa d\u00e8s le plus jeune \u00e2ge. Le fait d&rsquo;avoir v\u00e9cu les effets de la diaspora juive des deux guerres mondiales l&rsquo;ont amen\u00e9 \u00e0 s&rsquo;identifier \u00e0 ce violoneux errant, se d\u00e9pla\u00e7ant de village en village, sans repos.<\/p>\n<p>Durant sa vie, Chagall incorpora l&rsquo;image du violoneux errant dans plusieurs de ses \u0153uvres, souvent comme un petit personnage accessoire, et le plus fameux de ces tableaux, <em>Le Violoniste vert\u00a0<\/em>de 1912-1919, au mus\u00e9e Stedelikj d&rsquo;Amsterdam, est consid\u00e9r\u00e9 comme l&rsquo;inspiration directe de l&rsquo;op\u00e9rette <em>Fiddler on the Roof<\/em>.<\/p>\n<h2>Salom\u00e9<\/h2>\n<h3><strong>Une s\u00e9rie d&rsquo;illustrations mordantes, une affiche art-d\u00e9co magistrale et deux peintures de Klimt d&rsquo;une d\u00e9cadence outr\u00e9e\u00a0: Salom\u00e9 est un sujet in\u00e9puisable qui fascina plusieurs artistes, \u00e9crivains, com\u00e9diens et musiciens dans la Vienne de fin de si\u00e8cle.<\/strong><\/h3>\n<h2>7. Oscar Wilde\/Aubrey Vincent Beardsley :\u00a0<em>Salom\u00e9<\/em>\u00a0(1894)<\/h2>\n<figure id=\"attachment_49968\" aria-describedby=\"caption-attachment-49968\" style=\"width: 1024px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-49968\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/2-Aubrey_Beardsley_-_The_Climax.jpg\" alt=\"Aubrey Beardsley, The Climax\" width=\"1024\" height=\"1437\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/2-Aubrey_Beardsley_-_The_Climax.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/2-Aubrey_Beardsley_-_The_Climax-214x300.jpg 214w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/2-Aubrey_Beardsley_-_The_Climax-768x1078.jpg 768w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/2-Aubrey_Beardsley_-_The_Climax-730x1024.jpg 730w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-49968\" class=\"wp-caption-text\">Aubrey Beardsley, <em>The Climax<\/em><\/figcaption><\/figure>\n<p>\u00c0 la fin du 19e si\u00e8cle, tous les milieux artistiques d&rsquo;Europe occidentale \u00e9taient \u00e9pris de symbolisme. Les artistes se mirent \u00e0 explorer la mythologie, les r\u00e9cits bibliques et le monde exotique et sauvage, afin d&rsquo;y puiser de l&rsquo;inspiration pour \u00e9crire, peindre ou composer.<\/p>\n<p>L&rsquo;histoire \u00e9rotique et violente du roi H\u00e9rode et de son \u00e9pouse H\u00e9rodiade, de leur fille s\u00e9duisante Salom\u00e9 (qu&rsquo;H\u00e9rode d\u00e9sirait), et de l&rsquo;engagement personnel de cette derni\u00e8re \u00e0 obtenir la mort de Jean le Baptiste, offre un potentiel si riche que tout le monde semblait vouloir s&rsquo;en servir.<\/p>\n<p>Wilde a \u00e9crit sa pi\u00e8ce\u00a0<em>Salom\u00e9<\/em>\u00a0d&rsquo;abord en fran\u00e7ais en 1893 et l&rsquo;a traduite en anglais en 1894. La premi\u00e8re \u00e9dition anglaise a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 des illustrations d&rsquo;un jeune artiste fougueux et incroyablement dou\u00e9, Aubrey Beardsley. Le succ\u00e8s fut instantan\u00e9, \u00e0 la fois pour la pi\u00e8ce et pour les illustrations.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><strong>8. Ludwig Hohlwein :\u00a0<\/strong><strong>Affiche Art D\u00e9co pour la Semaine Richard Strauss (1910)<\/strong><\/h2>\n<figure id=\"attachment_49965\" aria-describedby=\"caption-attachment-49965\" style=\"width: 1024px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-49965\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/4-Richard_Strauss-Woche_festival_poster_1910_by_Ludwig_Hohlwein-1.jpg\" alt=\"Affiche de festival Richard Strauss Woche, 1910 par Ludwig Hohlwein\" width=\"1024\" height=\"1524\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/4-Richard_Strauss-Woche_festival_poster_1910_by_Ludwig_Hohlwein-1.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/4-Richard_Strauss-Woche_festival_poster_1910_by_Ludwig_Hohlwein-1-202x300.jpg 202w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/4-Richard_Strauss-Woche_festival_poster_1910_by_Ludwig_Hohlwein-1-768x1143.jpg 768w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/4-Richard_Strauss-Woche_festival_poster_1910_by_Ludwig_Hohlwein-1-688x1024.jpg 688w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-49965\" class=\"wp-caption-text\">Affiche du festival<em> Richard Strauss Woche\u00a0<\/em>(Semaine Richard Strauss), 1910 par Ludwig Hohlwein<\/figcaption><\/figure>\n<p>Richard Strauss assista \u00e0 une repr\u00e9sentation berlinoise de la Salom\u00e9 de Wilde en novembre 1902. Il commanda aussit\u00f4t une traduction allemande de la pi\u00e8ce, dont il commen\u00e7a la transformation en un op\u00e9ra quelque peu salace \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1903 pour en faire la cr\u00e9ation en 1905. Durant ses deux premi\u00e8res ann\u00e9es, l&rsquo;op\u00e9ra fut repr\u00e9sent\u00e9 dans plus de 50 maisons d&rsquo;op\u00e9ra \u2013 un succ\u00e8s foudroyant. La photo ci-dessus montre une tr\u00e8s belle affiche Art D\u00e9co de Ludwig Hohlwein.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><strong>9. Gustav Klimt :\u00a0<em>Judith\/Salome I<\/em> (1901)<\/strong><strong>\u00a0<\/strong><\/h2>\n<figure id=\"attachment_49963\" aria-describedby=\"caption-attachment-49963\" style=\"width: 1024px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-49963\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/6-Gustav_Klimt_039.jpg\" alt=\"Gustav Klimt, Judith\/Salome, 1901\" width=\"1024\" height=\"2093\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/6-Gustav_Klimt_039.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/6-Gustav_Klimt_039-147x300.jpg 147w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/6-Gustav_Klimt_039-768x1570.jpg 768w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/6-Gustav_Klimt_039-501x1024.jpg 501w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-49963\" class=\"wp-caption-text\">Gustav Klimt, Judith\/Salome, 1901, parmi les\u00a0tableaux c\u00e9l\u00e8bres reli\u00e9s \u00e0 la musique classique<\/figcaption><\/figure>\n<p>Dans l&rsquo;Ancien Testament, Judith est une veuve qui d\u00e9capite le g\u00e9n\u00e9ral assyrien d\u00e9bauch\u00e9 Holopherne, et elle a \u00e9t\u00e9 longtemps un sujet artistique populaire. Mais la repr\u00e9sentation sensuelle qu&rsquo;en fit Klimt choqua le public, avec son expression faciale de jouissance, sa poitrine d\u00e9nud\u00e9e et des dorures un peu partout. Judith n&rsquo;est plus la douce et tranquille, mais courageuse, femme juive qui sert Dieu \u2013 elle devient une v\u00e9ritable femme fatale.<\/p>\n<p>Pour ajouter \u00e0 l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9, Klimt choisit de lui donner un double nom \u2013 <em>Judith\/Salom\u00e9.\u00a0 <\/em>Le public viennois d\u00e9cida que le tableau ne repr\u00e9sentait pas du tout Judith, mais uniquement Salom\u00e9 \u2013 une meurtri\u00e8re \u00e0 l&rsquo;app\u00e9tit \u00e9rotique d\u00e9brid\u00e9, une femme fatale vampirique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><strong>10. Gustav Klimt :\u00a0<em>Judith\/Salome II<\/em> (1909)<\/strong><\/h2>\n<figure id=\"attachment_49960\" aria-describedby=\"caption-attachment-49960\" style=\"width: 1024px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-49960\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/8-Gustav_Klimt_Judith_II.jpg\" alt=\"Judith II, Gustav Klimt\" width=\"1024\" height=\"1763\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/8-Gustav_Klimt_Judith_II.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/8-Gustav_Klimt_Judith_II-174x300.jpg 174w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/8-Gustav_Klimt_Judith_II-768x1322.jpg 768w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/8-Gustav_Klimt_Judith_II-595x1024.jpg 595w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-49960\" class=\"wp-caption-text\">Judith II, de Gustav Klimt, fait partie des\u00a0tableaux c\u00e9l\u00e8bres reli\u00e9s \u00e0 la musique classique.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Klimt d\u00e9cide en 1909 de reprendre le sujet de Judith. Cette Judith, utilisant une gamme de couleurs l\u00e9g\u00e8rement effac\u00e9e par rapport \u00e0 la version 1901, n&rsquo;\u00e9pargne pas aux spectateurs sa sexualit\u00e9 ni sa force.<\/p>\n<p>D&rsquo;ailleurs, le fait de tenir la t\u00eate coup\u00e9e par les cheveux (plus de plat d&rsquo;argent) accentue la violence du tableau, et le haut d\u00e9nud\u00e9 de son corps semble jaillir de l&rsquo;obscurit\u00e9 qui dissimule la mort \u2013 le public continua donc de nommer le tableau \u00ab Judith\/Salom\u00e9 \u00bb de Klimt simplement \u00ab Salom\u00e9 \u00bb, et depuis lors, ces deux tableaux et la Salom\u00e9 de Strauss, sont devenus ins\u00e9parables pour nous.<\/p>\n<p><em>Cet article est une traduction et une adaptation l\u00e9g\u00e8rement raccourcie d&rsquo;un <a href=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/toronto\/2017\/11\/15\/feature-10-paintings-with-an-extraordinary-connection-to-classical-music\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">article<\/a> paru d&rsquo;abord en anglais sur <\/em><strong>Ludwig van Toronto<\/strong><em>, r\u00e9dig\u00e9 par <a href=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/toronto\/author\/hyewoncecilialee\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Hye Won Cecilia Lee<\/a>. Traduction de Fran\u00e7ois Juteau, r\u00e9vis\u00e9e par B\u00e9atrice Cadrin.\u00a0<\/em><\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! La musique classique et l&rsquo;op\u00e9ra en 5 minutes, chaque jour<\/em> \u00a0<span style=\"color: #ff0000;\"><a style=\"color: #ff0000;\" href=\"https:\/\/ludwig-van.us9.list-manage.com\/subscribe?u=4f785cb3f9058f2393ccad035&amp;id=b9b160c032\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">ICI\u00a0<\/a><\/span><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La musique et les arts visuels sont intimement li\u00e9s, car tous deux expriment des id\u00e9es et des concepts sans d\u00e9pendre des mots. D\u00e9couvrez dix peintures c\u00e9l\u00e8bres et leur connotation musicale.<\/p>\n","protected":false},"author":62,"featured_media":71658,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[16745,5797,69],"tags":[28789,35435,17332,35436],"yst_prominent_words":[35447,35442,41913,20333,20354,35449,35448,9811,10167,41914,20332,35445,35443,20335,35438,20331,35446,35444,20334,35437],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/10\/la-grande-vague-cover.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9bdYt-dIt","amp_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/52729"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/users\/62"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=52729"}],"version-history":[{"count":33,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/52729\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":71659,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/52729\/revisions\/71659"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media\/71658"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=52729"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=52729"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=52729"},{"taxonomy":"yst_prominent_words","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/yst_prominent_words?post=52729"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}