{"id":50478,"date":"2017-12-19T16:30:08","date_gmt":"2017-12-19T21:30:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=50478"},"modified":"2017-12-23T10:11:30","modified_gmt":"2017-12-23T15:11:30","slug":"entretien-visite-eric-champagne-rijksmuseum-rencontre-playmobil","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2017\/12\/19\/entretien-visite-eric-champagne-rijksmuseum-rencontre-playmobil\/","title":{"rendered":"ENTRETIEN | Ma visite avec \u00c9ric Champagne au Rijksmuseum et notre rencontre avec un Playmobil"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_50488\" aria-describedby=\"caption-attachment-50488\" style=\"width: 1024px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-50488\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/12\/Eric-Champagne-cr-CarolineRodgers-web.jpg\" alt=\"\u00c9ric Champagne, compositeur, au Rijksmuseum. (Cr\u00e9dit: Caroline Rodgers)\" width=\"1024\" height=\"576\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/12\/Eric-Champagne-cr-CarolineRodgers-web.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/12\/Eric-Champagne-cr-CarolineRodgers-web-300x169.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/12\/Eric-Champagne-cr-CarolineRodgers-web-768x432.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-50488\" class=\"wp-caption-text\">\u00c9ric Champagne, compositeur, au Rijksmuseum. (Cr\u00e9dit: Caroline Rodgers)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Parmi les h\u00e9ros de la r\u00e9cente tourn\u00e9e de l\u2019Orchestre M\u00e9tropolitain, il y avait bien s\u00fbr un <a href=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2017\/09\/21\/entretien-yannick-nezet-seguin-reussite-om-travail-confiance\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">chef<\/a>, des <a href=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2017\/11\/28\/critique-orchestre-metropolitain-a-cologne-stephane-tetreault-bouleversant-heros-de-soiree\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">solistes<\/a> et <a href=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2017\/12\/04\/orchestre-metropolitain-lemouvante-finale-dune-tournee-sur-les-ailes-de-la-musique\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">des musiciens<\/a>, mais il y avait aussi un compositeur bien vivant\u00a0: <strong>\u00c9ric Champagne<\/strong>. Sa pi\u00e8ce, <em>Exil int\u00e9rieur<\/em>, jou\u00e9e \u00e0 Cologne, au <a href=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2017\/11\/29\/lorchestre-metropolitain-reussit-test-concertgebouw\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Concertgebouw d\u2019Amsterdam<\/a> et en rappel \u00e0 la <a href=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2017\/12\/03\/paris-lorchestre-metropolitain-quebec-prennent-dassaut-philharmonie\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Philharmonie de Paris<\/a>, a remport\u00e9 un grand succ\u00e8s.<\/p>\n<p>Je lui ai donc propos\u00e9 de joindre l\u2019utile \u00e0 l\u2019agr\u00e9able en combinant notre entretien \u00e0 une visite du fameux <strong>Rijksmuseum<\/strong>, pendant notre s\u00e9jour \u00e0 <strong>Amsterdam<\/strong>. Ce fut un joyeux apr\u00e8s-midi rempli de tableaux, de rires et de recherche d\u2019ascenseurs.<\/p>\n<p>Le Rijksmuseum contient quelque 8000 \u0153uvres d\u2019art et objets historiques, incluant une vaste collection de tableaux de ma\u00eetres hollandais tels que Rembrandt, Vermeer et plusieurs autres de ce que l\u2019on a appel\u00e9 le <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Si%C3%A8cle_d%27or_n%C3%A9erlandais\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">si\u00e8cle d\u2019or n\u00e9erlandais<\/a>. Il va sans dire qu\u2019une seule visite ne permet m\u00eame pas de mesurer l\u2019incroyable richesse de cet endroit mythique, que nous parcourons de mani\u00e8re un peu d\u00e9sordonn\u00e9e. Heureusement, \u00c9ric est meilleur que moi pour se rep\u00e9rer dans le mus\u00e9e avec une carte!<\/p>\n<p>Voici quelques tableaux que nous avons remarqu\u00e9s.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Quand j\u2019ai eu l\u2019id\u00e9e de rencontrer \u00c9ric au mus\u00e9e, j\u2019avais la vague intention de faire une photo de lui devant un tableau qui aurait eu pour th\u00e8me la musique, mais nous n\u2019en avons pas trouv\u00e9 qui faisait vraiment l&rsquo;affaire. Nous avons bien aper\u00e7u quelques clavecins (lesquels nous ont imm\u00e9diatement fait penser \u00e0 <a href=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2017\/11\/18\/lavant-concert-bach-graupner-genevieve-soly\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Genevi\u00e8ve Soly<\/a>), et des horloges musicales, mais \u00e7a n\u2019allait pas tellement avec les \u0153uvres qu\u2019il compose.<\/p>\n<p>Au gr\u00e9 de nos multiples mont\u00e9es et descentes \u00e0 bord d&rsquo;ascenseurs difficiles \u00e0 trouver, nous finissons par tomber sur la c\u00e9l\u00e8bre <em>Ronde de nuit<\/em>, de Rembrandt, l\u2019\u0153uvre la plus c\u00e9l\u00e8bre du mus\u00e9e et l\u2019une des plus connues de l\u2019histoire de l\u2019art. Oublions tout de suite l\u2019id\u00e9e de prendre un selfie devant ladite toile, presque aussi achaland\u00e9e que la Joconde du Louvre.<\/p>\n<figure id=\"attachment_50479\" aria-describedby=\"caption-attachment-50479\" style=\"width: 722px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-50479\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/12\/Ronde-de-nuit.jpg\" alt=\"La Ronde de nuit, de Rembrandt, Rijksmuseum, Amsterdam. \" width=\"722\" height=\"602\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/12\/Ronde-de-nuit.jpg 722w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/12\/Ronde-de-nuit-300x250.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 722px) 100vw, 722px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-50479\" class=\"wp-caption-text\">La Ronde de nuit, de Rembrandt, Rijksmuseum, Amsterdam.<\/figcaption><\/figure>\n<p>\u00c9ric, qui a fait quelques recherches avant de venir, m\u2019apprend qu\u2019en fait, la sc\u00e8ne que nous avons sous les yeux se passe en plein jour. Et aussi, que le tableau original aurait d\u00fb \u00eatre plus grand que ce que nous voyons. En 1715, il a \u00e9t\u00e9 coup\u00e9 lorsqu\u2019on l\u2019a d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4tel de ville d\u2019Amsterdam, parce qu\u2019il \u00e9tait trop grand pour l\u2019espace o\u00f9 on voulait le faire entrer. Sacril\u00e8ge! En fait, l\u2019original \u00e9tait comme \u00e7a\u00a0(gr\u00e2ce \u00e0 cette copie on peut voir que deux personnages, \u00e0 gauche, ont \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9s par ces charcutiers sans scrupules) :<\/p>\n<figure id=\"attachment_50480\" aria-describedby=\"caption-attachment-50480\" style=\"width: 800px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-50480\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/12\/Night-Watch-copy-Gerrit-Lundens.jpg\" alt=\"La Ronde de nuit, copie de Gerrit Lundens, National Gallery. \" width=\"800\" height=\"628\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/12\/Night-Watch-copy-Gerrit-Lundens.jpg 800w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/12\/Night-Watch-copy-Gerrit-Lundens-300x236.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/12\/Night-Watch-copy-Gerrit-Lundens-768x603.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-50480\" class=\"wp-caption-text\">La Ronde de nuit, copie de Gerrit Lundens, National Gallery.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Apr\u00e8s notre visite, nous prenons une bouch\u00e9e au caf\u00e9 du mus\u00e9e. C\u2019est l\u00e0 que notre rencontre se transforme en pseudo-formel \u00ab\u00a0entretien \u00bb, qui prendra plut\u00f4t la tournure d\u2019une conversation \u00e0 b\u00e2tons rompus dont de longues digressions, coqs \u00e0 l&rsquo;\u00e2ne et parenth\u00e8ses, ici, ont \u00e9t\u00e9 coup\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Caroline<\/strong> <strong>Rodgers<\/strong> :<strong> \u00ab\u00a0Pourquoi as-tu intitul\u00e9 ta pi\u00e8ce <em>Exil int\u00e9rieur<\/em>?\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00c9ric<\/strong> <strong>Champagne<\/strong> : \u00ab\u00a0C\u2019est une pi\u00e8ce \u00e9trange, \u00e0 toutes sortes de plans. Dans mon catalogue personnel, c\u2019est la pi\u00e8ce que j\u2019aime le plus et que je d\u00e9teste le plus en m\u00eame temps. J\u2019ai une relation d\u2019amour-haine avec elle. Il y a des choses que j\u2019aime dedans, et d\u2019autres dont je ne suis pas certain que c\u2019\u00e9tait vraiment ce que j\u2019ai voulu exprimer. D\u2019ailleurs je l\u2019ai retravaill\u00e9e pour la tourn\u00e9e et je pense qu\u2019elle est meilleure. C\u2019\u00e9tait ma premi\u00e8re commande pendant ma r\u00e9sidence \u00e0 l\u2019Orchestre M\u00e9tropolitain. Elle s\u2019ins\u00e9rait dans un programme qui avait pour th\u00e9matique \u00ab Les exil\u00e9s du Nouveau Monde \u00bb. On jouait des compositeurs qui \u00e9taient venus en Am\u00e9rique : Dvorak, Rachmaninov.<\/p>\n<blockquote><p>Je me suis mis \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur cette id\u00e9e d\u2019exil, de d\u00e9paysement, d\u2019aller vivre ailleurs. Je suis moi-m\u00eame tr\u00e8s casanier et attach\u00e9 \u00e0 Montr\u00e9al. Je ne m\u2019imagine pas aller vivre ailleurs. Juste d\u2019imaginer de quitter son pays, ses racines, sa culture, \u00e7a me fait peur. J\u2019admire ceux qui le font et j\u2019ai une immense sympathie pour ceux qui ne le font pas par choix, comme les r\u00e9fugi\u00e9s.<\/p><\/blockquote>\n<p>En r\u00e9fl\u00e9chissant \u00e0 cette notion, j\u2019ai voulu explorer cette id\u00e9e de r\u00eave am\u00e9ricain. Dans le dernier accord de la Neuvi\u00e8me de Dvorak, qui \u00e9tait au programme du m\u00eame concert, il y a une esp\u00e8ce d\u2019espoir. Il est all\u00e9 aux \u00c9tats-Unis au moment o\u00f9 l\u2019on voyait cela comme le Nouveau monde, o\u00f9 tous les espoirs \u00e9taient possibles.<\/p>\n<p>Moi qui suis n\u00e9 en Am\u00e9rique du Nord, je n\u2019ai pas du tout cette perception. Je me suis dit que j\u2019essayerais de faire une sorte de po\u00e8me symphonique, pas qui raconte une histoire, mais qui part d\u2019une id\u00e9e et des perspectives qu\u2019elle peut amener. J\u2019ai pris l\u2019accord de Dvorak et je l\u2019ai mis au d\u00e9but. Je le mart\u00e8le. Un peu comme si on enfon\u00e7ait ce r\u00eave am\u00e9ricain dans le fond de la gorge et qu\u2019on nous obligeait \u00e0 y croire.<\/p>\n<p>De cet accord qui devait \u00eatre plein d\u2019espoir, je fais presque une torture. Je le prends comme mati\u00e8re premi\u00e8re pour voir pourquoi le r\u00eave a vir\u00e9 au cauchemar. Je voulais aussi avoir un point de vue Qu\u00e9b\u00e9cois et je suis all\u00e9 chercher une autre mati\u00e8re sonore, la chanson <em>Un Canadien errant<\/em>. C\u2019est \u00e0 partir de l\u00e0 qu\u2019est venue l\u2019id\u00e9e du titre Exil int\u00e9rieur. \u00bb<\/p>\n<p><strong>Caroline<\/strong> <strong>Rodgers<\/strong> : <strong>\u00ab\u00a0Entendons-nous des citations de cette chanson dans ta pi\u00e8ce? Car si on n&rsquo;est pas pr\u00e9venu, cela n\u2019est pas \u00e9vident de la reconna\u00eetre avec seulement une ou deux auditions\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00c9ric Champagne<\/strong> : \u00ab\u00a0La citation n\u2019est pas tr\u00e8s claire, sauf \u00e0 un endroit. Il y a trois endroits o\u00f9 j\u2019ai pris le <em>Canadien errant<\/em> comme mati\u00e8re musicale, mais tr\u00e8s transform\u00e9e. Dans la section centrale, cela devient de gros accords tr\u00e8s intenses \u00e0 l\u2019orchestre, les cloches sonnent, on entend des notes du th\u00e8me, mais sans les r\u00e9p\u00e9titions.<\/p>\n<p>J\u2019y vais aussi dans tous les sens avec cette id\u00e9e de Canadien errant, je me suis demand\u00e9, o\u00f9 est-ce qu\u2019on s\u2019en va, nous, comme Qu\u00e9b\u00e9cois? J\u2019ai l\u2019impression qu\u2019on est un peu exil\u00e9s chez nous, au Qu\u00e9bec. De notre point de vue, le r\u00eave am\u00e9ricain est un peu une promesse d\u00e9chue mais on est encore l\u00e0, on essaie de survivre et de trouver un sens \u00e0 notre soci\u00e9t\u00e9.\u00a0Cela dit, mon programme m\u2019a servi pour \u00e9crire la pi\u00e8ce, mais ce n\u2019est pas quelque chose que j\u2019impose aux auditeurs. \u00bb<\/p>\n<p><strong>Caroline Rodgers : \u00ab\u00a0Comment as-tu trouv\u00e9 la r\u00e9action du public \u00e0 l\u2019audition de ta pi\u00e8ce?\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00c9ric Champagne<\/strong> :\u00a0\u00ab\u00a0J\u2019ai vraiment \u00e9t\u00e9 souffl\u00e9 par la r\u00e9ception, \u00e0 Cologne. C\u2019est un public tr\u00e8s vers\u00e9 en musique contemporaine. Stockhausen vient de Cologne et je pense que pour eux, la musique contemporaine est une musique d\u2019avant-garde. Je suis tr\u00e8s conscient que mon esth\u00e9tique n\u2019est pas d\u2019avant-garde. Sachant cela, j\u2019avais peur du public de Cologne, mais en m\u00eame temps, ils ne me connaissent pas. Ce n\u2019est donc pas un public de \u00ab\u00a0chapelle\u00a0\u00bb. Qu\u2019ils aient appr\u00e9ci\u00e9 \u00e0 ce point ma pi\u00e8ce m\u2019a vraiment impressionn\u00e9. Quand la pi\u00e8ce s\u2019est termin\u00e9e, avec le petit accord au c\u00e9lesta, il y a eu un silence profond, on sentait que le public \u00e9tait dans l\u2019esprit de la pi\u00e8ce. Le premier \u00ab\u00a0clap\u00a0\u00bb de mains est venu avec un \u00ab\u00a0Bravo!\u00a0\u00bb et l\u00e0, il y a eu la puissance des applaudissements.<\/p>\n<blockquote><p>Qu\u2019un public aussi exigeant ait aim\u00e9 ma pi\u00e8ce, \u00e7a m\u2019a jet\u00e9 par terre. \u00c0 la pause, je signais des autographes, j\u2019\u00e9tais un peu g\u00ean\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Je suis plus m\u00e9lodique que bien des compositeurs contemporains. Je m\u2019int\u00e9resse \u00e0 la consonance, sans n\u00e9cessairement \u00eatre un compositeur tonal. Sur Ludwig van Montr\u00e9al, j\u2019ai lu <a href=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2017\/11\/19\/critique-exterminating-angel-enfer-paradisiaque\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">la critique de Julien Bilodeau de <em>The Exterminating Angel<\/em><\/a>, l\u2019op\u00e9ra de Thomas Ad\u00e8s, et il l\u2019a qualifi\u00e9 de \u00ab\u00a0postmoderne sans complexe\u00a0\u00bb et j\u2019aime beaucoup cette expression. Surtout le \u00ab\u00a0sans complexe\u00a0\u00bb. J\u2019aurais envie de me donner cette \u00e9tiquette.<\/p>\n<p>Les premiers postmodernes, au Qu\u00e9bec, comme Claude Vivier, abordaient un retour \u00e0 la m\u00e9lodie et \u00e0 la consonance, mais ils avaient presque l\u2019air de s\u2019en excuser, en m\u00eame temps. Je ne sais pas si c\u2019est g\u00e9n\u00e9rationnel, ou un signe des temps, mais moi je fais ce que je veux et je ne m\u2019en excuse pas.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Caroline Rodgers : \u00ab Qu\u2019est-ce qui s\u2019en vient pour toi, comme compositeur?\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00c9ric Champagne<\/strong> : \u00ab\u00a0J\u2019ai des commandes importantes d\u2019orchestres symphoniques et en musique de chambre. L\u2019Orchestre philharmonique des jeunes de Montr\u00e9al fera la cr\u00e9ation de ma nouvelle pi\u00e8ce <em>La nuit la plus longue <\/em>le 16 d\u00e9cembre, et j\u2019aurai trois cr\u00e9ations au printemps pour conclure ma r\u00e9sidence \u00e0 la Chapelle historique du Bon-Pasteur.\u00a0En ce moment, je travaille sur un petit concerto pour clarinette et orchestre \u00e0 vent qui sera cr\u00e9\u00e9 par Andr\u00e9 Moisan et l\u2019Harmonie de Laval en juin 2018. \u00bb<\/p>\n<p><strong>Caroline Rodgers : \u00ab\u00a0Question clich\u00e9e, comment t\u2019es-tu int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 la musique?\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00c9ric Champagne :<\/strong> \u00ab\u00a0Je suis le seul \u00e0 \u00eatre all\u00e9 en art et en musique dans ma famille. Il n\u2019y a pas d\u2019autres musiciens. C\u2019est \u00e0 l\u2019\u00e9cole que j\u2019ai d\u00e9couvert la musique, et par moi-m\u00eame que j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 d\u2019aller au concert et d\u2019acheter des disques.<\/p>\n<blockquote><p>J\u2019ai plus l\u2019impression d\u2019\u00eatre un artisan, d\u2019\u00eatre dans l\u2019artisanat de la musique, dans le sens qu\u2019au d\u00e9but, j\u2019ai vraiment appris en autodidacte. Plus tard, bien s\u00fbr, j\u2019ai \u00e9tudi\u00e9 l\u2019harmonie et le contrepoint \u00e0 l\u2019universit\u00e9, mais j\u2019ai encore l\u2019impression d\u2019\u00eatre quelqu\u2019un qui trouve un morceau de bois et qui sculpte quelque chose avec.<\/p><\/blockquote>\n<p>En m\u00eame temps, je me sens choy\u00e9 que l\u2019on joue ma musique. Pour qu\u2019elle existe, j\u2019ai besoin des musiciens. \u00c0 Cologne, apr\u00e8s le concert, les musiciens me disaient bravo et je leur disais \u00ab\u00a0bravo \u00e0 vous, car sans vous, ma musique n\u2019existerait pas.\u00a0\u00bb<\/p>\n<figure id=\"attachment_50481\" aria-describedby=\"caption-attachment-50481\" style=\"width: 1024px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-50481\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/12\/Eric-Champagne-Ronde-de-nuit-cr-CarolineRodgers.jpg\" alt=\"\u00c9ric Champagne au Rijksmuseum d'Amsterdam, avec son nouvel ami. (Cr\u00e9dit: Caroline Rodgers)\" width=\"1024\" height=\"576\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/12\/Eric-Champagne-Ronde-de-nuit-cr-CarolineRodgers.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/12\/Eric-Champagne-Ronde-de-nuit-cr-CarolineRodgers-300x169.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/12\/Eric-Champagne-Ronde-de-nuit-cr-CarolineRodgers-768x432.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-50481\" class=\"wp-caption-text\">\u00c9ric Champagne au Rijksmuseum d&rsquo;Amsterdam, avec son nouvel ami. (Cr\u00e9dit: Caroline Rodgers)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Notre apr\u00e8s-midi se conclut par une visite \u00e0 la boutique de souvenirs du mus\u00e9e. \u00c0 travers les gadgets habituels, nous d\u00e9couvrons que Playmobil a cr\u00e9\u00e9 deux personnages jouet \u00e0 l\u2019image des acteurs de la Ronde de nuit, et qu\u2019il en existe m\u00eame une version g\u00e9ante. Toujours \u00e0 l\u2019aff\u00fbt d\u2019une occasion de rire, \u00c9ric ne se fait pas prier pour prendre la pose avec la digne statue de plastique. Nous achetons quelques souvenirs, nous promettant bien de revenir un jour \u00e0 Amsterdam.<\/p>\n<p><strong>VOUS AVEZ AIM\u00c9 CET ARTICLE? Lisez aussi:<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2017\/11\/19\/critique-exterminating-angel-enfer-paradisiaque\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">The Exterminating Angel de Thomas Ad\u00e8s: un enfer paradisiaque<\/a>, par Julien Bilodeau.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2017\/11\/22\/orchestre-metropolitain-entrevue-taxi-jean-guihen-queyras\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Entrevue dans un taxi avec Jean-Guihen Queyras<\/a>, par Caroline Rodgers<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Parmi les h\u00e9ros de la r\u00e9cente tourn\u00e9e de l\u2019Orchestre M\u00e9tropolitain, il y avait bien s\u00fbr un chef, des solistes et des musiciens, mais il y avait aussi un compositeur bien vivant : \u00c9ric Champagne. Sa pi\u00e8ce, Exil int\u00e9rieur, jou\u00e9e \u00e0 Cologne, au Concertgebouw d\u2019Amsterdam et en rappel \u00e0 la Philharmonie de Paris, a remport\u00e9 un grand succ\u00e8s. <\/p>\n","protected":false},"author":51,"featured_media":50488,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[6439,16447,10998],"tags":[263,16452,16453,16454],"yst_prominent_words":[16438,10987,16451,16450,10550,10548,16436,15277,15280,9836,9811,10213,16449,16440,16437,16439,16448,15276,15275,16442],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/12\/Eric-Champagne-cr-CarolineRodgers-web.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9bdYt-d8a","amp_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/50478"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/users\/51"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=50478"}],"version-history":[{"count":12,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/50478\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":50540,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/50478\/revisions\/50540"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media\/50488"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=50478"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=50478"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=50478"},{"taxonomy":"yst_prominent_words","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/yst_prominent_words?post=50478"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}