{"id":49851,"date":"2017-11-20T02:56:21","date_gmt":"2017-11-20T07:56:21","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=49851"},"modified":"2017-11-20T08:54:07","modified_gmt":"2017-11-20T13:54:07","slug":"critique-sonatas-nocturnes-michel-bettez-jeanne-amiele","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2017\/11\/20\/critique-sonatas-nocturnes-michel-bettez-jeanne-amiele\/","title":{"rendered":"CRITIQUE | Sonatas &#038; Nocturnes, Michel Bettez et Jeanne Ami\u00e8le: le basson \u00e9l\u00e9gant de Marx \u00e0 Schreck"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_49853\" aria-describedby=\"caption-attachment-49853\" style=\"width: 1024px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-49853\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/Cover-CD-Sonatas-Nocturnes_web.jpg\" alt=\"Sonatas &amp; Nocturnes, par Michel Bettez et Jeanne Ami\u00e8le\" width=\"1024\" height=\"1018\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/Cover-CD-Sonatas-Nocturnes_web.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/Cover-CD-Sonatas-Nocturnes_web-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/Cover-CD-Sonatas-Nocturnes_web-300x298.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/Cover-CD-Sonatas-Nocturnes_web-768x764.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-49853\" class=\"wp-caption-text\">Sonatas &amp; Nocturnes, par Michel Bettez et Jeanne Ami\u00e8le<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le bassoniste <strong>Michel Bettez<\/strong> poursuit inlassablement son entreprise de d\u00e9mocratisation du basson, un instrument encore m\u00e9connu du grand public (surtout en tant que soliste). Son album Sonatas &amp; Nocturnes, en duo avec la pianiste <strong>Jeanne Ami\u00e8le<\/strong>, jette une lumi\u00e8re bienveillante sur la musique de chambre pour basson du 19e si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Bettez est un esth\u00e8te raffin\u00e9 de son instrument, lequel peut donner l\u2019impression d\u2019\u00eatre ingrat, mais ce n\u2019est l\u00e0 que pr\u00e9jug\u00e9. Le basson est capable d\u2019habiles arabesques et de surprenante l\u00e9g\u00e8ret\u00e9.<\/p>\n<p>Imaginez un type en apparence pataud, mais qui une fois ses patins chauss\u00e9s prend des allures d\u2019Elvis Stoiko.<\/p>\n<p><strong>Bettez le conteur<\/strong><\/p>\n<p>Le r\u00e9pertoire uniforme pris dans son ensemble de plus d\u2019une heure ne tarit cependant pas la joliesse des m\u00e9lodies et l\u2019\u00e9l\u00e9gance assur\u00e9e des constructions.<\/p>\n<blockquote><p>Le talent de raconteur de Bettez, ainsi que la pr\u00e9sence pianistique attentionn\u00e9e de Jeanne Ami\u00e8le font de Sonatas &amp; Nocturnes un solide programme de petits plaisirs \u00e0 d\u00e9couvrir de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9reuse.<\/p><\/blockquote>\n<p>Le principal probl\u00e8me du basson est le lot de pr\u00e9jug\u00e9s qui l\u2019entoure. Peu de grands compositeurs lui ont accord\u00e9s leurs gr\u00e2ces. Surtout pas les Romantiques. Exception faite de Vivaldi (avec 39!) et Mozart (un seul, et pas aussi souverainement divin que ses concertos pour fl\u00fbte et harpe, cors ou encore piano bien entendu), point de concerto digne de ce nom de Haydn, Beethoven, Brahms, Schumann, Mendelssohn, etc.<\/p>\n<p><strong>Un tour de chambre en basson<\/strong><\/p>\n<p>Bettez nous fait donc faire un tour du propri\u00e9taire d\u2019une certaine musique de chambre germanique du 19e si\u00e8cle avec 3 pi\u00e8ces \u00e9parses (2 Nocturnes et un Adagio) et surtout 3 fort belles sonates pour basson et piano, toutes \u00e9crites quelque part entre 1800 et 1900, mais pour la plupart de compositeurs m\u00e9connus.<\/p>\n<p>Le Nocturne d\u2019Ignaz Lachner est teint\u00e9 d\u2019une \u00e9l\u00e9gante m\u00e9lancolie. L\u2019Adagio de <strong>Louis Spohr<\/strong> sonne comme un lied sans parole, alors que le Notturno op.9 no 4 de Julius Weissenborn a un c\u00f4t\u00e9 r\u00eaveur et introspectif franchement agr\u00e9able.<\/p>\n<p><strong>Trois sonates, de Marx \u00e0 Schreck<\/strong><\/p>\n<p>Des trois sonates offertes sur l\u2019album, celle de <strong>Josef Matern Marx<\/strong> (j\u2019ignorais l\u2019existence de ce compositeur avant de lire le livret. Merci Michel Bettez pour cette d\u00e9couverte!) est la plus \u00e9toff\u00e9e avec ses 21 minutes de dur\u00e9e. Et \u00e0 lui seul, le premier mouvement fait 13 minutes. Je redoutais des longueurs inh\u00e9rentes \u00e0 un exercice acad\u00e9mique typique d\u2019un compositeur provincial comme il y en avait tant \u00e0 cette \u00e9poque.<\/p>\n<p>Pourtant non. Marx avait manifestement un talent efficace pour la cr\u00e9ation d\u2019id\u00e9es musicales int\u00e9ressantes. Dans le premier mouvement, les lignes s\u2019encha\u00eenent avec aisance, dans un processus de transformations et de rappels passablement fluide. Le deuxi\u00e8me mouvement est empreint de tendresse alors que le 3e est un rondeau souriant, alerte et espi\u00e8gle qui correspond bien \u00e0 l\u2019id\u00e9e que l\u2019on se fait de ce genre de personnalit\u00e9 associ\u00e9e au basson.<\/p>\n<p>Le fait qu\u2019il soit mort \u00e0 43 ans \u00e0 une \u00e9poque qui correspond de nos jours \u00e0 l\u2019\u00e2ge d\u2019or des Beethoven, Schubert, Mendelssohn et cie, explique probablement en partie la totale obscurit\u00e9 dans laquelle Marx est retenu de nos jours. C\u2019est dommage.<\/p>\n<p>La Sonate du N\u00e9erlandais Johannes Meinardus Coenen proclame un caract\u00e8re affirm\u00e9 presque p\u00e9remptoire d\u00e8s ses premi\u00e8res mesures. Curieusement, son 3e mouvement est comme une reprise du premier (pas tout \u00e0 fait, mais extr\u00eamement semblable en caract\u00e8re), avec une tonalit\u00e9 en do majeur plut\u00f4t qu\u2019en do mineur. La musique a beau \u00eatre d\u2019approche agr\u00e9able, la redite trahit peut-\u00eatre un manque d\u2019inspiration?<\/p>\n<p>La derni\u00e8re des trois sonates est celle d\u2019un certain <strong>Gustav Schreck<\/strong> (qui n\u2019a strictement rien \u00e0 voir avec le cabotin personnage vert de Disney), qui fut entre autre un successeur lointain de Bach \u00e0 la direction de Saint-Thomas de Leipzig. C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 lui, notamment, que le Thomanerchor a atteint la notori\u00e9t\u00e9 lui ayant valu le respect qu\u2019il impose \u00e0 tous de nos jours.<\/p>\n<p>Cette sonate a \u00e9t\u00e9 \u00e9crite comme un exercice de style, mais la qualit\u00e9 de son \u00e9criture l\u2019\u00e9l\u00e8ve sans aucun doute au-dessus de la norme de ce genre de compositions.<\/p>\n<p>L\u2019enregistrement r\u00e9alis\u00e9 au Conservatoire de Montr\u00e9al, bien que b\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019une agr\u00e9able nettet\u00e9, est un peu r\u00e9verb\u00e9rant \u00e0 mon go\u00fbt. On se sent un tantinet \u00e9loign\u00e9 de la sc\u00e8ne. Une captation plus intime aurait mieux rendu compte de la chaleur et du velours incomparable de cet instrument, qui plus est si admirablement ma\u00eetris\u00e9 par Michel Bettez, assur\u00e9ment l\u2019un des meilleurs solistes canadiens en ce moment.<\/p>\n<p>***<\/p>\n<p><em>Michel Bettez est un infatigable ambassadeur du basson. Voici des extraits d\u2019une \u0153uvre amusante de Maxime Goulet, cr\u00e9\u00e9e par lui et l\u2019Orchestre symphonique de Laval, et dans laquelle le soliste ne doit pas, disons, e prendre trop au s\u00e9rieux\u2026<\/em><\/p>\n<div class=\"jetpack-video-wrapper\"><span class=\"embed-youtube\" style=\"text-align:center; display: block;\"><iframe loading=\"lazy\" class=\"youtube-player\" width=\"640\" height=\"360\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/0z6YgDzaqC4?version=3&#038;rel=1&#038;showsearch=0&#038;showinfo=1&#038;iv_load_policy=1&#038;fs=1&#038;hl=fr-FR&#038;autohide=2&#038;wmode=transparent\" allowfullscreen=\"true\" style=\"border:0;\" sandbox=\"allow-scripts allow-same-origin allow-popups allow-presentation\"><\/iframe><\/span><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le bassoniste Michel Bettez poursuit inlassablement son entreprise de d\u00e9mocratisation du basson, un instrument encore m\u00e9connu du grand public (surtout en tant que soliste). 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