{"id":49279,"date":"2017-11-04T10:47:21","date_gmt":"2017-11-04T14:47:21","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=49279"},"modified":"2017-11-04T10:56:54","modified_gmt":"2017-11-04T14:56:54","slug":"critique-orchestre-metropolitain-duets-tout-pres-du-but","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2017\/11\/04\/critique-orchestre-metropolitain-duets-tout-pres-du-but\/","title":{"rendered":"CRITIQUE | Orchestre M\u00e9tropolitain, Duets: tout pr\u00e8s du but"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_49500\" aria-describedby=\"caption-attachment-49500\" style=\"width: 1024px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-49500\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/Yannick-NezetSeguinDUETS_CREDIT-Dario-Acosta.jpg\" alt=\"Ildar Adbrazakov, Yannick N\u00e9zet-S\u00e9guin, Rolando Villazon, une belle collaboration pour l'album Duets avec l'Orchestre M\u00e9tropolitain, qui fait ses d\u00e9buts sur Deutsche Grammphon (Cr\u00e9dit: Dario Acosta)\" width=\"1024\" height=\"741\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/Yannick-NezetSeguinDUETS_CREDIT-Dario-Acosta.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/Yannick-NezetSeguinDUETS_CREDIT-Dario-Acosta-300x217.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/11\/Yannick-NezetSeguinDUETS_CREDIT-Dario-Acosta-768x556.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-49500\" class=\"wp-caption-text\">Ildar Abdrazakov, Yannick N\u00e9zet-S\u00e9guin, Rolando Villazon: une belle collaboration pour l&rsquo;album <em>Duets<\/em> avec l&rsquo;Orchestre M\u00e9tropolitain, qui a fait ses d\u00e9buts sur Deutsche Grammophon (Cr\u00e9dit: Dario Acosta)<\/figcaption><\/figure>\n<p>C\u2019est peu dire que ce disque, <em>Duets<\/em>, \u00e9tait attendu! <strong>Rolando Villazon<\/strong>, l&rsquo;un des meilleurs t\u00e9nors de sa g\u00e9n\u00e9ration, qui a la r\u00e9putation de se consumer sur sc\u00e8ne; <strong>Ildar Abdrazakov<\/strong>, une basse dont la carri\u00e8re vole de sommet en sommet, qui triomphe en ce moment en Philippe II dans <em>Don Carlos<\/em> sur la sc\u00e8ne de l\u2019Op\u00e9ra de Paris, et <strong>Yannick N\u00e9zet-S\u00e9guin<\/strong>, un chef jeune qui semble personnifier \u00e0 lui seul le renouveau de la musique classique. Le tout ficel\u00e9 par <strong>Deutsche Grammophon<\/strong>, une maison de disque prestigieuse qui a mis en branle sa puissante machine marketing \u2026 Bref, tout \u00e9tait r\u00e9uni pour aboutir \u00e0 un disque qui allait marquer les esprits. Autant y aller sans d\u00e9tour\u00a0: le compte n\u2019y est pas tout \u00e0 fait, pour des raisons qui ne sont pas faciles \u00e0 d\u00e9m\u00ealer. Tentons quand m\u00eame le pari de l\u2019analyse objective, dans un domaine o\u00f9 les go\u00fbts personnels semblent souvent s\u2019imposer.<\/p>\n<p>Commen\u00e7ons par mentionner les nombreuses qualit\u00e9s de l\u2019enregistrement de <em>Duets<\/em>. Le r\u00e9pertoire d\u2019abord\u00a0: ils ne sont pas si courants, les albums qui r\u00e9unissent un t\u00e9nor et une cl\u00e9 de fa, et qui font l\u2019effort d\u2019extraire du r\u00e9pertoire les duos de <em>L\u2019elisir d\u2019amore<\/em>, de <em>Mefistofele<\/em> ou m\u00eame de <em>Carmen<\/em>, au-del\u00e0 des sempiternels <em>P\u00eacheurs de perles<\/em>. Le mariage des deux tessitures donne souvent des r\u00e9sultats musicaux tr\u00e8s originaux, les compositeurs devant rivaliser d\u2019ing\u00e9niosit\u00e9 pour harmoniser les lignes sans les confondre. Gounod est probablement celui qui excelle le plus dans l\u2019exercice, mais les pages de <em>Simon Boccanegra<\/em> ou de <em>Don Pasquale<\/em> valent aussi largement le coup d\u2019oreille.<\/p>\n<p><strong>Les voix<\/strong><\/p>\n<p>Sur le plan purement vocal, on ne boudera pas son plaisir. Remis de ses multiples d\u00e9boires, <strong>Rolando Villazon<\/strong> fait entendre un chant plein et sain, loin des errements qu\u2019on lui a connus au disque r\u00e9cemment. Sans rien perdre de son feu sacr\u00e9, le t\u00e9nor profite \u00e0 fond de l\u2019esth\u00e9tique de conditions comparables \u00e0 celles du studio*, ce qui lui permet d\u2019\u00e9viter les d\u00e9rapages et de fignoler des d\u00e9tails qu\u2019il a tendance \u00e0 passer en force lorsqu\u2019il est saisi <em>live<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Ildar Abdrazakov<\/strong> d\u00e9ploie avec aisance des moyens naturels qui le placent parmi les ph\u00e9nom\u00e8nes lyriques les plus int\u00e9ressants des derni\u00e8res ann\u00e9es. La voix semble monter des entrailles de la Terre, s\u2019\u00e9panouit sur les voyelles, grasseye ses consonnes avec d\u00e9lectation, tient ses sons fil\u00e9s et varie son volume avec une ma\u00eetrise qui semble d\u00e9fier le bon sens. La prise de son, bien que lointaine et un peu basse, permet de jouir \u00e0 plein des luxes offerts par les deux vedettes, et l\u2019<a href=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/directory\/orchestre-metropolitain\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Orchestre m\u00e9tropolitain<\/a>, rivalisant de beaut\u00e9s, montre <a href=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2017\/09\/21\/entretien-yannick-nezet-seguin-reussite-om-travail-confiance\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">qu\u2019il n\u2019a plus rien \u00e0 envier \u00e0 son \u00ab\u00a0cousin\u00a0\u00bb le symphonique.<\/a><\/p>\n<p>C\u2019est du c\u00f4t\u00e9 de la direction que certaines faiblesses de l\u2019album se manifestent. <strong>Yannick N\u00e9zet-S\u00e9guin<\/strong> excelle \u00e0 mettre en valeur les pupitres de son orchestre, \u00e0 \u00e9tager les plans dans un souci constant de lisibilit\u00e9. Il se contente toutefois d\u2019une mise en place somptueuse, un peu immobile, comme \u00e9crite sur du papier glac\u00e9, manquant d\u2019imprimer \u00e0 toutes ces sc\u00e8nes un \u00e9lan dramatique qui est leur raison d\u2019\u00eatre. Un exemple parmi d\u2019autres\u00a0: dans le duo entre Dulcamara et Nemorino, dans <em>L\u2019elisir d\u2019amore.<\/em> Tout commence tr\u00e8s bien, avec des sonorit\u00e9s de corde soyeuses et charnues, mais on s\u2019attend que le rythme s\u2019emballe \u00e0 partir des mots \u00ab\u00a0Obbligato\u00a0\u00bb, \u00e0 l\u2019image du protagoniste qui perd la t\u00eate. En mati\u00e8re de folies, on n\u2019a droit qu\u2019\u00e0 de bien sages <em>pizzicati<\/em>, qui manquent compl\u00e8tement de traduire l\u2019effervescence des personnages. On retrouve le m\u00eame type de choix interpr\u00e9tatifs que je consid\u00e8re erron\u00e9s dans Verdi et Gounod. De la part de N\u00e9zet-S\u00e9guin, on attendait plus de sens de la sc\u00e8ne.<\/p>\n<p>Le principal probl\u00e8me du disque se situe cependant ailleurs. Les deux chanteurs ne parviennent pas vraiment \u00e0 former un duo. Malgr\u00e9 les promesses du texte d\u2019accompagnement, Villazon et Abdrazakov ne partagent pas r\u00e9ellement une m\u00eame conception du chant. Pour sch\u00e9matiser, on dira que le Mexicain est un chanteur \u00ab\u00a0\u00e0 texte\u00a0\u00bb, le Russe un chanteur \u00ab\u00a0\u00e0 voix\u00a0\u00bb. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, une sonorit\u00e9 qui porte la marque d\u2019une r\u00e9flexion profonde sur l\u2019art, le mot, tout ce que cela signifie d\u2019\u00eatre un artiste aujourd\u2019hui, de l\u2019autre une spontan\u00e9it\u00e9 dans le son, un usage tout ce qu\u2019il y a de plus naturel de capacit\u00e9s hors du commun.<\/p>\n<p>L&rsquo;id\u00e9e de marier les deux conceptions aurait eu du sens, \u00e0 condition que chacun fasse un pas vers l\u2019autre, ce qui n\u2019est pas le cas. Chacun s\u2019ent\u00eate plut\u00f4t \u00e0 rester dans sa sph\u00e8re, Villazon intellectualisant le propos tant et plus, tandis que Abdrazakov produit du son, dans le meilleur sens du terme. <em>Granada<\/em> illustre ce foss\u00e9, chacun semblant avoir \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 s\u00e9par\u00e9ment. \u00a0Bref, malgr\u00e9 ses nombreux atouts, ses deux protagonistes au mieux de leur forme et son orchestre riche en couleurs, ce <em>Duets<\/em> est un album qui ne livre pas toute l\u2019osmose qu\u2019il avait promise.<\/p>\n<p>*NDLR: l\u2019enregistrement a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 en six sessions \u00e0 l\u2019\u00e9glise Saint-Nom-de-J\u00e9sus, \u00e0 Montr\u00e9al, en novembre 2016.<\/p>\n<p><em>Duets<\/em><\/p>\n<p><em>\u0152uvres pour t\u00e9nor et basse de Bizet, Boito, Verdi, Donizetti, Gounod, Lara et Hermann<\/em><\/p>\n<p><em>Rolando Villazon, t\u00e9nor<\/em><\/p>\n<p><em>Ildar Abdrazakov, basse<\/em><\/p>\n<p><em>Orchestre m\u00e9tropolitain de Montr\u00e9al<\/em><\/p>\n<p><em>Dir.\u00a0: Yannick N\u00e9zet-S\u00e9guin<\/em><\/p>\n<p><em>1 CD Deutsche Grammophon 479 6901<\/em><\/p>\n<p><strong>VOUS AVEZ AIM\u00c9 CET ARTICLE? 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