{"id":46801,"date":"2017-09-10T12:01:56","date_gmt":"2017-09-10T16:01:56","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=46801"},"modified":"2017-11-04T11:22:07","modified_gmt":"2017-11-04T15:22:07","slug":"le-secret-de-leternelle-jeunesse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2017\/09\/10\/le-secret-de-leternelle-jeunesse\/","title":{"rendered":"Beethoven par Blomstedt, ou le secret de l\u2019\u00e9ternelle jeunesse"},"content":{"rendered":"<p align=\"center\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"921\" class=\"size-full wp-image-46797 aligncenter\" src=\"http:\/\/dev.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/09\/Blomstedt.jpg\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/09\/Blomstedt.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/09\/Blomstedt-300x270.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/09\/Blomstedt-768x691.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/p>\n<p><strong>Le chef su\u00e9dois Herbert Blomstedt souffle ses 90 bougies cette ann\u00e9e 2017. En guise de cadeau, sa nouvelle firme de disque lui a offert la possibilit\u00e9 de r\u00e9enregistrer un cycle complet des symphonies de Beethoven, \u00e0 la t\u00eate de l\u2019orchestre de Leipzig dont il fut le directeur musical de 1996 \u00e0 2005. Accentus a mis les petits plats dans les grands, en termes de pr\u00e9sentation, de travail \u00e9ditorial, de prise de son et m\u00eame de marketing.\u00a0 L\u2019objet rel\u00e8ve du grand luxe, mais tout cela n\u2019est encore rien compar\u00e9 au contenu.<\/strong><\/p>\n<p>Que celui qui esp\u00e8re une vision sage, apais\u00e9e, marmor\u00e9enne, typique des chefs parvenus au cr\u00e9puscule de leur carri\u00e8re, passe son chemin. Le Beethoven de Blomstedt est all\u00e8gre, bondissant, tonique et juv\u00e9nile. D\u2019abord dans le choix des tempi, presque exactement ceux voulus par Beethoven notamment dans une <em>Huiti\u00e8me<\/em> prise \u00e0 un train d\u2019enfer, sans la moindre anicroche. Mais la fougue d\u2019une musique n\u2019est pas qu\u2019une question de vitesse, c\u2019est toute une mani\u00e8re de phraser, de rebondir, d\u2019animer le discours. Loin du Beethoven pr\u00e9curseur de Wagner jou\u00e9 avec g\u00e9nie par Furtw\u00e4ngler, Barenboim ou \u2026 Blomstedt lui-m\u00eame dans son int\u00e9grale pr\u00e9c\u00e9dente, tout ici respire la transparence et la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 h\u00e9rit\u00e9e de Haydn et de Mozart. Une l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 qui ne rime pas avec superficialit\u00e9, tant l\u2019orchestre garde des r\u00e9serves de puissance qui peuvent rendre au propos toute sa densit\u00e9, sans une once de lourdeur.<\/p>\n<p>Le d\u00e9but de la <em>Quatri\u00e8me<\/em> est un cas d\u2019\u00e9cole\u00a0: alors que la plupart de ses coll\u00e8gues jouent sur un ralentissement maximal au d\u00e9but de l\u2019\u00a0\u00ab\u00a0Adagio\u00a0\u00bb, cr\u00e9ant la tension par l\u2019absence de r\u00e9solution des dissonances, le chef su\u00e9dois file droit, sur un tempo r\u00e9gulier, confiant dans la seule force du texte pour cr\u00e9er cet effet d\u2019 \u00ab\u00a0origine du monde\u00a0\u00bb qu\u2019\u00e9voquait John Eliot Gardiner dans un r\u00e9cent entretien m\u00e9diatique, avant de d\u00e9boucher sur un \u00ab\u00a0Allegro vivace\u00a0\u00bb dont la joie bondissante emporte tout sur son passage. Toute la grammaire beethov\u00e9nienne est r\u00e9sum\u00e9e dans ces 11 minutes, qui s\u2019\u00e9coutent le c\u0153ur battant, les oreilles qui surchauffent.<\/p>\n<p><strong>\u00c9quilibre<\/strong><\/p>\n<p>On pourrait aussi d\u00e9tailler sans fin les f\u00e9licit\u00e9s offertes par l\u2019orchestre de Leipzig, qui retrouve avec un plaisir \u00e9vident son ancien patron. Le miracle d\u2019\u00e9quilibre entre la noblesse des sonorit\u00e9s, les graves bien assis, et la parfaite lisibilit\u00e9 des plans montrent un travail de fond entrepris avec une patience dont peu d\u2019orchestres permanents sont capables. Le r\u00e9sultat cumule les avantages des formations symphoniques modernes, avec une virtuosit\u00e9 et un liant jamais pris en d\u00e9faut, et la saveur fruit\u00e9e des ensembles baroques, notamment gr\u00e2ce \u00e0 un \u00e9quilibre cordes\/vents\/percussions enti\u00e8rement repens\u00e9. Tout cela est rendu possible par une \u00e9quipe d\u2019ing\u00e9nieurs qui est consciente du projet artistique et qui s\u2019emploie \u00e0 faire concorder vision du chef et rendu sonore.<\/p>\n<p>[[[Le Beethoven de Blomstedt est all\u00e8gre, bondissant, tonique et juv\u00e9nile &#8230;\u00a0Le miracle d\u2019\u00e9quilibre entre la noblesse des sonorit\u00e9s, les graves bien assis, et la parfaite lisibilit\u00e9 des plans montrent un travail de fond entrepris avec une patience dont peu d\u2019orchestres permanents sont capables.]]]<\/p>\n<p><strong>Quelques b\u00e9mols<\/strong><\/p>\n<p>Au milieu de ce concert de louanges, on se permettra d\u2019\u00e9mettre deux minimes r\u00e9serves. La <em>Septi\u00e8me<\/em> est la seule \u00e0 d\u00e9cevoir un peu, la rigueur implacable de Blomstedt emp\u00eachant parfois de s\u2019attarder dans certains recoins de la partition. Et, dans la <em>Neuvi\u00e8me<\/em>, le t\u00e9nor Christian Elsner jure avec une voix chevrotante et mal assur\u00e9e, surtout qu\u2019il est entour\u00e9 de partenaires de grand luxe, notamment un Christian Gerhaher qui fait sonner son r\u00e9citatif avec art de diseur incomparable. Deux minuscules b\u00e9mols qui n\u2019emp\u00eachent pas cette nouvelle int\u00e9grale de monter sur les plus hautes marches du podium.<\/p>\n<p>De 1835 \u00e0 1848, c\u2019est un tout jeune homme appel\u00e9 F\u00e9lix Mendelssohn qui occupa le poste de chef \u00e0 Leipzig. Tous les commentateurs de l\u2019\u00e9poque (jusqu\u2019\u00e0 Wagner\u00a0!) louaient son Beethoven a\u00e9rien, lumineux, apollinien. Celui qui le fait revivre aujourd\u2019hui est un quasi centenaire. Preuve que, en musique, les miracles sont possibles et les \u00e9tiquettes d\u00e9nu\u00e9es de signification. Bon anniversaire, Maestro, et merci\u00a0!<\/p>\n<p>Beethoven : Symphonies<\/p>\n<p>Orchestre du Gewandhaus de Leipzig<\/p>\n<p>Herbert Blomstedt<\/p>\n<p>5 CD ACCENTUS ACC80322<\/p>\n<p><strong>Dominique Joucken<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le chef su\u00e9dois Herbert Blomstedt souffle ses 90 bougies cette ann\u00e9e 2017. 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